2 mars 2026

Parc de la Cerisaie à Lyon : un écojardin au cœur de la Croix-Rousse

Par

Anne Devineaux et Florence Gault

Biodiversite

3 mins

Niché sur les flancs de la colline de la Croix-Rousse, le Parc de la Cerisaie offre 4,5 hectares de verdure autour de la célèbre villa Gillet. L’historique demeure familiale d’industriels lyonnais s’est transformée en havre pour la biodiversité. Depuis plus de 10 ans, le parc est labellisé « EcoJardin » et met en valeur des pratiques d’entretien durables. Visite guidée avec un jardinier engagé.

©En un battement d'aile

C’est en 1913 que les Gillet, grande famille d’industriels lyonnais, font construire une villa surplombant leurs usines de teinture sur soie, installées en contrebas sur les quais de Saône. Tout autour, un immense jardin est conçu par le paysagiste René-Edouard André. « Il fallait que ce soit un petit écrin qui cache ce magnifique bâtiment de style néo-florentin. C’est un jardin de style romantique, XIXème », explique Michaël Gelein, jardinier au parc de la Cerisaie. 100 ans plus tard, la configuration reste la même. Le jardin est « très horticole près de la villa, et plus on s'en éloigne, plus on est dans l'espace de nature ».

Ironie de l’histoire, le jardin de cette dynastie d’industriels du textile et de la chimie a été labellisé « EcoJardin ». « C'est un label qui a plus de 10 ans », précise Cloé Laurent, du service Espaces verts de la ville de Lyon. Son objectif : valoriser les collectivités ayant renoncé aux pesticides dans leurs espaces verts. Depuis, la loi Labbé a généralisé cette interdiction, mais le label va plus loin avec notamment le critère du « zéro export » : « toute la matière organique doit revenir au sol. » Une contrainte qui pousse à l'inventivité. « Il nous faut imaginer des solutions plus intéressantes que d'aller acheter un équipement vendu dans le commerce, comme des nichoirs ou des gîtes à hérissons », ajoute Cloé Laurent.

Le parc de la Cerisaie, refuge de biodiversité urbaine

Michaël Gelein nous guide d'abord vers les abords de la villa, où les plantes sont choisies pour « être les plus attractives possibles pour les insectes, les pollinisateurs ». Puis il nous entraîne plus loin. Derrière une haie bien taillée, le décor bascule : « on a le sentiment d'être dans un jardin classique, tout est tondu. Et puis, d'un seul coup, on va basculer vers un autre type de végétation, qui fait la part belle à d'autres habitants, que ce soit hérissons, écureuils, salamandres… » Ce foisonnement n'est pas le fruit du hasard. Le parc est en effet idéalement situé, connecté notamment à la balme du CNR (Compagnie nationale du Rhône). « La situation géographique de ce parc est très intéressante car il est en connexion avec un ensemble d'autres espaces qui sont très sauvages sur les flancs de la colline de la Croix-Rousse », souligne le jardinier.

Le vallon du parc de la Cerisaie ©En un battement d'aile

La villa Gillet et le parc sont classés monuments historiques depuis 2015. La ville de Lyon et le service des espaces verts se sont fixés un certain nombre d’objectifs. Le parc doit notamment répondre à une multiplicité d’usages que les jardiniers doivent prendre en compte. « A tel endroit, on va avoir la casquette du naturaliste, à tel endroit, on va avoir la casquette de l'historien. Et à tel endroit, on va avoir la casquette d'animateur MJC car c’est aussi un site de découverte de la course d’orientation. Et tout ça, doit cohabiter le plus agréablement possible », détaille Michaël Gelein.

Aux premières loges du dérèglement climatique

Sécheresses répétées, pluies et vents violents : les jardiniers sont aux premières loges des effets du dérèglement climatique. « Il y a des tas de conséquences violentes sur le patrimoine arboré », constate Michaël Gelein. Un prunus en offre un exemple frappant, ayant perdu toutes ses branches supérieures. « Ça s'appelle une descente de cimes. Il se défait de toutes ses branches et de ses feuilles dans les hauteurs, parce qu'il a du mal à faire remonter la sève. »

Mais au Parc de la Cerisaie, il y a aussi de belles surprises. Comme cet invité déniché par notre guide… une salamandre ! « Toutes ces taches jaunes c'est leur pièce d'identité. Il n'y en a pas deux qui ont les mêmes sur le dos », s’enthousiasme Michaël Gelein, heureux de son rôle de jardinier naturaliste. « L'objectif des écojardins, c'est aussi porter ce message au public : il y a plein de richesses dans votre environnement, il faut juste ouvrir les yeux ».

S'adapter aux besoins de la faune et de la flore, tout en offrant aux habitants des espaces de détente et de découverte, cet écojardin veut prouver que les parcs peuvent être plus que de simples lieux de promenade.

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