17 mars 2026
Le mystère des anneaux, une exposition au musée des Confluences
Par
Gladys Lemaire
Culture
3 mins
À Lyon, le Musée des Confluences propose, jusqu’au 19 avril 2026, une immersion dans les profondeurs de la Méditerranée. L’exposition « Le mystère des anneaux », présente le travail du photographe et plongeur Laurent Ballesta. À travers une cinquantaine de photographies et un film documentaire, cette exposition révèle un site sous-marin unique au monde, situé au large du cap Corse, et met en lumière une aventure scientifique et humaine.
Une grande diversité de gorgones et d’algues tapisse les récifs coralligènes. ©Laurent Ballesta/Gombessa Expéditions/Cap Corse
Au large du cap Corse, à 120 mètres de profondeur, plus de 1 400 anneaux géométriques d'une vingtaine de mètres de diamètre dessinent une plaine immergée sur 15 kilomètres carrés. Une formation unique au monde, façonnée par des algues calcaires vieilles de 8 000 ans. Inaccessible, jusqu'en 2021.

La plaine des anneaux ©Laurent Ballesta/Gombessa Expéditions/Cap Corse
En 2010, un navire de recherche détecte au sonar d’étranges formes circulaires au fond de la mer Méditerranée. Le mystère de ces anneaux attire la curiosité de Laurent Ballesta, photographe, plongeur et biologiste de formation. En 2021, il s’entoure d’une équipe de scientifiques et lance une mission afin d’en déterminer l’origine. Au cours de cette expédition périlleuse, il documente l’exploration à travers des milliers de photographies.
Le mystère des anneaux au Cap Corse
Pour concevoir l’exposition "Le mystère des anneaux", le Musée des Confluences a travaillé directement avec le photographe Laurent Ballesta. La cheffe de projet Mathilde Gallay-Keller précise : « Nous avons décidé d’exposer les photographies de cette expédition car nous voulions montrer quelque chose proche de nos publics pour une fois ». Et complète : « ce qui nous a plu c’est de pouvoir mettre en valeur toute cette biodiversité proche de nous, de montrer qu’on a pas toujours besoin d’aller loin pour être émerveillé »
Un vrai parcours immersif a été mis en place afin de plonger les visiteurs au coeur de la plongée. « On voulait montrer trois parties dans l’exposition. D’abord on accompagne les plongeurs dans leur descente pour comprendre tous les aspects techniques », explique-t-elle. Cette première étape permet au public de découvrir les conditions dans lesquelles se déroulent les explorations sous-marines.
La deuxième partie met en lumière les récifs coralligènes, des formations rocheuses typiques de la Méditerranée particulièrement riches en biodiversité. « Ce sont des récifs particuliers qui existent spécifiquement en Méditerranée, où l’on recense plus de 1700 espèces d’algues,de poissons et d’invertébrés marins », précise la cheffe de projet.

En raison de sa beauté, la limace d’Inès (Limacia inaeces) est considérée comme une espèce « porte-drapeau », à même de sensibiliser à la conservation des habitats marins. ©Laurent Ballesta/Gombessa Expéditions/Cap Corse
Enfin, le parcours mène au cœur de l’exposition : le site des anneaux. « L’idée était aussi de montrer que ce site est complètement unique au monde, par sa formation géologique et par sa profondeur. Il abrite des espèces qui viennent en quelque sorte se réfugier ici », explique-t-elle. Cette dernière partie souligne l’importance de protéger cet espace sous-marin exceptionnel, qui suscite à la fois la curiosité scientifique et l’émerveillement.
Une aventure humaine et scientifique
Au-delà des images spectaculaires présentées dans l’exposition, « Le mystère des anneaux » met aussi en avant l’ampleur de l’aventure humaine et scientifique qui se cache derrière ces découvertes. Mathilde Gallay-Keller insiste particulièrement sur cet aspect collectif. « On parle beaucoup de Laurent Ballesta et bien sûr son travail de photographie est mis en valeur », explique-t-elle, « mais la mission en elle-même est surtout une mission collective avec de nombreux spécialistes de différentes disciplines qui apportent leur connaissance et leur concours à cette mission pour qu’elle aboutisse et qu’on comprenne ce sujet. »
Pour mettre en lumière ce travail d’équipe, l’exposition se termine par un film d’une dizaine de minutes projeté en fin de parcours. Cet audiovisuel retrace les coulisses de la découverte avec la présence de biologistes marins, plongeurs professionnels, techniciens, ingénieurs ou encore chercheurs spécialisés dans l’étude des fonds marins qui ont ainsi participé à l’expédition.
Sensibiliser à la fragilité des océans
Au-delà de l’aspect spectaculaire, l’exposition porte également un message de sensibilisation. Les fonds marins étudiés autour des anneaux constituent un écosystème fragile, dont l’équilibre peut être menacé par les activités humaines et les changements environnementaux.
En dévoilant ces paysages méconnus, l’exposition souhaite rappeler l’importance de mieux connaître et protéger les milieux marins. L’exposition invite ainsi les visiteurs à prendre conscience de la richesse biologique des profondeurs et de la nécessité de préserver ces territoires encore largement inexplorés.
À travers cette plongée visuelle et scientifique, « Le mystère des anneaux » propose donc bien plus qu’une exposition photographique : « C’est une aventure humaine, scientifique et technique, qui dévoile la beauté et la fragilité d'un univers sous-marin jusque-là inaccessible », résume Mathilde Gallet-Keller.
« Le mystère des anneaux », une exposition du photographe Laurent Ballesta au Musée des Confluences de Lyon, jusqu'au 19 avril 2026.



