10 mars 2026

Municipales 2026 : un “crash test” pour évaluer les programmes des candidats sur l’écologie

Par

Samuel Carpano-Mazuyer

Société

4 mins

À quelques jours du premier tour des élections municipales, les programmes regorgent de promesses environnementales : végétalisation, mobilités douces, rénovation énergétique, adaptation au changement climatique. Mais comment savoir si ces propositions relèvent d’une stratégie réellement structurée ou du greenwashing ? Le Réseau Action Climat (RAC) propose une boîte à outils pour y voir plus clair.

©En un battement d'aile

Depuis 2019, l’environnement figure dans le top 3 des préoccupations des Français. Et un sondage publié en janvier 2026 par le Réseau Action Climat (RAC) montrait qu’un Français sur deux estime que sa commune n’est pas suffisamment protégée contre les effets du changement climatique. 

Dans ce contexte, les candidat.es abordent presque tous.tes les enjeux écologiques dans tous leurs programmes. Mais, comment distinguer le greenwashing d’une réelle ambition de transition écologique ?

Pour s’y retrouver, le RAC a développé un « Crash test » des programmes municipaux. Accessible en ligne, l’outil permet à chacun.e d’examiner le programme d’une liste candidate dans sa commune et d’en évaluer la solidité à partir d’une grille d’analyse commune.

Quatre indicateurs pour évaluer un programme

Les citoyen.nes répondent à 23 questions permettant d’évaluer les engagements du programme qu’ils.elles cherchent à décrypter, en s’appuyant sur un code couleur. Vert si la proposition est claire, concrète et intégrée dans une vision globale. Jaune si le sujet est évoqué, mais de manière floue. Rouge enfin si le sujet est absent du programme ou si la proposition est opposée à la transition écologique. 

La méthode du « crash test » repose sur quatre thématiques clés. Tout d’abord, le programme contient-il des objectifs chiffrés, des budgets, des échéances, ou reste-t-il au niveau de l’intention ? Ensuite, les engagements écologiques sont-ils cohérents avec l’ensemble du programme, ou contredits ailleurs par des projets artificialisants ou polluants ? Troisième axe : les politiques proposées tiennent-elles compte des populations les plus vulnérables, celles qui n’ont pas accès au vélo, aux transports en commun ou à une alimentation durable ? Et enfin, le programme s’inscrit-il dans la continuité des mesures déjà engagées, ou les affaiblit-il ?

Les programmes municipaux mis à l’épreuve

L’outil a été conçu pour être utilisable dans des contextes très différents. Il doit être « capable de s’adapter à tout type de collectivité pour ne pas oublier les territoires ruraux ou les villes moyennes », explique Clara Sannicolo, responsable climat et territoire du Réseau Action Climat.

Pour tester la méthode, l’association a appliqué cette grille à trois villes aux profils contrastés : Toulouse, Lyon et Brest. Trois communes « tenues par des majorités de différents bords politiques, couvrant trois régions, avec des morphologies et des tailles différentes », précise Clara Sannicolo.

L’exercice met d’abord en lumière une difficulté très concrète pour les électeurs.rices : tous les candidat.es ne publient pas nécessairement de programme détaillé. « On est à moins de deux semaines du premier tour et on a des candidats qui n’ont pas de programme », relève Clara Sannicolo. « On ne peut pas attendre des citoyens qu’ils fassent un choix éclairé s’ils n’ont pas eu la capacité de lire l’intégralité des programmes. C’est un déni de démocratie », déplore-t-elle. Dans les trois villes étudiées, le RN n’apparaît ainsi pas dans les tableaux comparatifs faute de programme disponible au moment de l’analyse.

Le cas particulier de Lyon

À Toulouse et à Brest, les listes les plus engagées sur l’écologie sont aussi celles qui portent traditionnellement ces sujets. Mais à Lyon, selon le RAC, la lecture est plus nuancée. « On a beaucoup un clivage beaucoup moins évident », observe Clara Sannicolo. Même Jean-Michel Aulas, pourtant critique de « l’écologie punitive », « s’engage quand même sur un certain nombre de politiques environnementales », illustre la responsable climat et territoire du RAC. 

La liste sortante menée par Grégory Doucet apparaît globalement cohérente et structurée. À l’inverse, La France insoumise présente à Lyon un programme plus incomplet : non par manque d’ambition, car « quand le programme mentionne l’écologie, il est ambitieux et cohérent », note Clara Sannicolo, mais parce qu’il « omet des sujets importants, comme la mobilité ou la fraîcheur en ville ». Le RN est, lui, « le seul qui clive directement sur l’enjeu environnemental, en proposant de rouvrir à la voiture certains espaces piétonnisés », explique Clara Sannicolo.

Au final, l’exemple lyonnais montre que « le paysage est beaucoup moins contrasté et que les nuances se jouent dans le détail des programmes plutôt que dans les grandes orientations », conclut Clara Sannicolo.

Testez dès maintenant le Crash Test des Programmes Municipaux 2026

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