6 mai 2026
Graines d’écolectures : des livres pour sensibiliser les collégiens à l’écologie
Par
Florence Gault et Vanessa Minarro
Culture
3 mins
À Lyon, la Maison de l’Environnement mène, durant l’année scolaire, le projet Graines d’écolectures auprès de collégiens de 4ème et de 3ème. Objectif : leur faire découvrir des ouvrages autour des enjeux écologiques et se les approprier à travers des échanges, des rencontres avec les auteurs.trices et des créations artistiques. Pour cette chronique littéraire de mai, Vanessa Minarro, documentaliste à la Maison de l’Environnement, vous présente trois livres issus de cette sélection.
©En un battement d'aile
Romans et essais
« Si j’étais un arbre » – Catherine Zambon (Actes Sud Jeunesse)
Violette, 15-16 ans, voit surgir dans sa vie un grand-père qu’elle ne connaissait pas. D’abord méfiante, elle accepte finalement de passer l’été chez lui, à la montagne, avec sa famille et son amie Cassandre. Là-bas, elle découvre une nature sauvage qui la fascine, au bord d’une forêt menacée par un projet de méga-scierie.
Au contact de jeunes militants installés en ZAD, elle s’engage dans une lutte pour défendre cet espace. Le roman explore à la fois l’engagement écologique, les relations familiales, l’amitié et la construction de soi. Il aborde aussi la question de l’identité à travers le personnage de Cassandre, qui navigue entre les genres.
« Ça me fait rêver, ce mot : orée. Mon vocabulaire s'est élargi d'un coup. J'ai immédiatement vu les grands arbres qui ouvrent un chemin. Entendu leurs bruissements. Repéré les nids. »
Pourquoi ce livre nous donne envie d’agir :
À travers le lien que Violette développe avec la forêt, le récit interroge notre rapport au vivant et la manière dont il peut nourrir l’engagement. Il pose aussi la question des formes de mobilisation et de leurs limites. En filigrane, le roman montre que le collectif peut être une source de solidarité, de joie et d’espoir face à l’urgence écologique.

« Si j’étais un arbre » de Catherine Zambon
Les livres jeunesse
« Flash Info : en direct du changement climatique » – Marine Blandin (Makisapa)
Issu d’une rubrique publiée dans la revue TOPO, cet ouvrage compile des bandes dessinées qui décryptent l’actualité environnementale à destination des adolescents et jeunes adultes.
Pollution spatiale, déchets radioactifs, climatoscepticisme, artificialisation des sols… Les sujets abordés sont nombreux et traités de manière accessible. Le ton, souvent humoristique, permet de rendre des thématiques complexes plus lisibles, tout en conservant une certaine exigence dans les informations proposées.
Chaque planche met en scène la rédaction fictive d’un média indépendant, Flash Info, qui explore les multiples facettes des crises écologiques contemporaines.
Pourquoi ce livre nous donne envie d’agir :
En apportant des repères clairs et documentés, cette BD permet de développer son esprit critique, notamment face aux discours de greenwashing. Accessible à un large public, elle donne des clés de compréhension pour mieux saisir les enjeux environnementaux et s’en emparer.

« Flash Info : en direct du changement climatique » de Marine Blandin
La bande dessinée
« Retour à Tomioka » – Laurent Galandon et Michaël Crouzat (Jungle)
L’histoire se déroule au Japon, en 2013, deux ans après la catastrophe de Fukushima. Osamu et sa sœur Akiko vivent chez leur grand-mère depuis le tsunami et l’accident nucléaire. À sa mort, ils doivent quitter leur maison pour rejoindre Tokyo. Mais Osamu refuse de partir sans accomplir un dernier geste : déposer ses cendres sur l’autel familial, situé dans la zone interdite de Tomioka.
Le récit s’ancre dans une réalité documentée : territoires contaminés, villages abandonnés, populations déplacées. Mais il se teinte aussi d’une dimension onirique. Osamu entretient un lien particulier avec les yôkai, créatures du folklore japonais, qui nourrissent son imaginaire.
« Et vous ? Vous n'avez pas envie de partir, parfois ?
Ce sont mes terres, celles de ma famille depuis des générations.
Et tous ces animaux ont le droit de vivre. Ils ne sont pas responsables de la folie et des mensonges des hommes. »
Pourquoi ce livre nous donne envie d’agir :
Sans discours démonstratif, la bande dessinée propose un récit sensible sur les conséquences humaines et environnementales de la catastrophe de Fukushima. Elle invite à ne pas oublier, tout en abordant les questions de mémoire, d’attachement au territoire et de responsabilité collective.

« Retour à Tomioka » de Laurent Galandon et Michaël Crouzat



