13 avr. 2026
Voyager autrement : le Festival du Voyage Engagé revient pour une 9ème édition
Par
Gladys Lemaire
Culture
3 mins
À Lyon, le Festival du Voyage Engagé revient pour une neuvième édition du 17 au 19 avril 2026, à la Maison de l’Environnement. Organisé par l’association On The Green Road, l’événement propose, le temps d’un week-end, projections, conférences et ateliers pour interroger nos façons de voyager. Dans un contexte de crise climatique, le festival entend sensibiliser le public à des pratiques plus responsables et à faible impact environnemental.
©On The Green Road
Comment continuer à voyager à l’heure de l’urgence climatique ? À Lyon, le Festival du Voyage Engagé tente d’apporter des éléments de réponse. Pour sa neuvième édition, l’événement, organisé par l’association On The Green Road, propose une programmation centrée sur les enjeux écologiques et les alternatives au tourisme de masse.
Derrière la programmation, un point de départ clair : l’impact du secteur touristique sur l’environnement. « L’industrie du tourisme, notamment l’aviation, est l’un des secteurs les plus polluants », rappelle Alphonse Carlier, membre de la commission de programmation
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Face à ce constat, le festival s’inscrit dans une démarche de sensibilisation. L’objectif n’est pas de condamner le voyage, mais d’en interroger les pratiques. « On aimerait pousser les gens à réfléchir à l’impact écologique et social de leurs déplacements », explique-t-il. Une approche qui tranche avec les modèles dominants du tourisme rapide et intensif, souvent incarnés par les courts séjours en avion ou les destinations lointaines.
Une édition marquée par l’écoféminisme
Pour cette neuvième édition, les organisateurs ont choisi de structurer la programmation autour d’un thème : l’écoféminisme. « On a essayé de faire un gros focus là-dessus », indique Alphonse Carlier.
Le fil rouge se décline à travers plusieurs formats : projections, conférences et expositions. La soirée d’ouverture comme celle de clôture s’inscrivent dans cette thématique, qui croise enjeux environnementaux et luttes sociales.
Parmi les projets présentés, certains mettent en lumière des combats menés par des femmes sur le terrain, notamment contre la déforestation ou les formes contemporaines de domination héritées du colonialisme. « On avait déjà ce type de projets les années précédentes, et on s’est dit que ce serait intéressant de les rassembler », précise-t-il. Au-delà de ce thème, la programmation aborde plus largement la question des manières de voyager, notamment en solo et à faible impact.
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Le festival s’appuie sur une diversité de formats pour diffuser son message : documentaires, tables rondes, ateliers pratiques ou encore expositions photographiques. Parmi les temps forts, un documentaire inédit, Ici et demain, sera présenté pour la première fois. Il retrace le parcours d’un couple ayant parcouru les frontières françaises pour documenter les enjeux d’adaptation au changement climatique. « Ça va être la première fois qu’il est diffusé », souligne Alphonse Carlier.

Nouvelle évolution cette année : l’intégration d’une programmation dédiée aux enfants. « On s’est rendu compte qu’il y avait de plus en plus de jeunes parents qui venaient », explique-t-il. Des ateliers spécifiques, mais aussi des formats pensés pour être partagés en famille, viennent compléter l’offre.
Faire évoluer les imaginaires du voyage
Au-delà des contenus proposés, le festival cherche à agir sur les représentations. L’enjeu est de montrer que d’autres formes de voyage existent, et qu’elles sont accessibles. « On essaie de faire venir des gens qui portent des projets inspirants », explique Alphonse Carlier. Certains intervenants ont d’ailleurs été accompagnés par l’association, qui les encourage à documenter leurs expériences sous forme de films, de podcasts ou d’expositions. Le festival devient ainsi une vitrine pour ces initiatives, mais aussi un espace de transmission. « L’idée, c’est que les gens se disent que c’est une possibilité », résume-t-il.
Si l’événement attire chaque année de nouveaux visiteurs, ses organisateurs restent lucides sur la portée de leur message. « On sait que c’est quelque chose qui met du temps à prendre », reconnaît Alphonse Carlier. Dans un contexte où le tourisme reste fortement ancré dans des logiques de consommation rapide, le changement des pratiques apparaît comme un processus lent.
Le Festival du Voyage Engagé fait donc le pari de l’inspiration plutôt que de l’injonction. En donnant à voir des expériences concrètes, il espère amorcer une réflexion chez les visiteurs et, à terme, encourager des choix plus durables.



