20 juin 2026
Un premier festival pour En un battement d'aile
Par
Adèle Bellier*
Culture
3 mins
Faire découvrir la fabrication de l'information, sensibiliser au journalisme de solutions et ouvrir le débat sur l'avenir des médias : tels étaient les objectifs du premier festival d'En un battement d'aile, organisé le 17 juin 2026. Ateliers participatifs, rencontres et table ronde ont permis aux participants d'explorer les enjeux de l'information dans un contexte marqué par la défiance médiatique et la désinformation.
©En un battement d'aile
Ce mercredi 17 juin 2026, à 15h, il fait déjà 33°. Une canicule qui nous rappelle que le dérèglement climatique n'est plus une projection lointaine, mais une réalité déjà bien présente.
Pourtant, ce jour-là, il n'était pas question de céder au découragement. À la Maison de l'Environnement, à Lyon, En un battement d'aile organisait son premier festival pour proposer une autre manière d'aborder ces enjeux écologiques : comprendre, échanger et découvrir des solutions.
Dans le hall, une exposition sur le journalisme de solution permet d’apprendre aux festivaliers qu’un tiers des Français.es ont complètement arrêté de s’informer parce que l’actualité est trop anxiogène. Pour rester un citoyen éclairé, il est important de continuer à s’informer malgré tout.
C’est donc dans ce but que Florence Gault, créatrice d’En un battement d’aile, et Léna Canaud, illustratrice, ont co-écrit une bande dessinée Petit guide de survie médiatique, offrant quelques pistes de réflexion et d’action. Léna Canaud était d’ailleurs présente pour dédicacer la bande dessinée.
Expérimenter le métier de journaliste
Au coeur du festival, une des salles a été transformée en salle de rédaction éphémère. Des unes de presse célèbres, telles que le « J’accuse » d’Émile Zola dans le journal L’Aurore, recouvrent les murs. Une collection de vieilles radios a envahi les bureaux et un studio de radio a été installé.
Encadrés par des étudiants de l’ISCPA Lyon, une école de journalisme, les participant.es étaient invité.es à devenir journaliste le temps d’une après-midi; le but était de créer le podcast du festival. Pour cela, plusieurs formats étaient proposés : réaliser un micro-trottoir, enregistrer une chronique ou une interview. Cet épisode spécial sera diffusé dans les prochains jours dans le podcast d’En un battement d’aile.
Deux ateliers ont également été proposés. L’un sur les réseaux sociaux : les participants ont pu échanger sur les avantages et inconvénients des réseaux, notamment grâce à un petit bingo des réseaux sociaux ! Le second permettait de comprendre comment une information est diffusée.
Produire de l’information a un coût
Le festival a aussi été l’occasion de redire que si l’information est un bien public, elle a aussi un coût. Plusieurs stands permettaient aux festivaliers de prendre conscience de ce que coûte l’information en France et du temps nécessaire à la réalisation de reportages. Un temps de sensibilisation, alors qu’En un battement d’aile organise jusqu’au 2 juillet une campagne de financement participatif pour répondre à ses besoins financiers.
Car le modèle économique d’un média indépendant est précaire. Sans publicité, sans mécénat et sans actionnariat, les médias indépendants doivent pouvoir compter sur le soutien des citoyennes et citoyens.
Une table ronde sur l’indépendance des médias, enregistrée puis diffusée dans le podcast, a clôturé la journée. Anne-Caroline Jambaud, directrice du pôle Coordination et Liens chez Arty Farty, Nicolas Barriquand, rédacteur en chef de Mediacités Lyon et Florence Gault, créatrice d’En un battement d’aile ont échangé sur les grands enjeux qui traversent aujourd'hui le paysage médiatique français.

Une table ronde animée par Noélie Coudurier ©En un battement d'aile
Enfin, un moment de convivialité a été partagé. Un buffet où les produits présentés venaient de producteurs bio et locaux, dont une grande partie avait d’ailleurs été mise en lumière dans les reportages d’En un battement d’aile.
L’occasion pour Florence Gault d’annoncer qu’En un battement d’aile s’appuie désormais sur une association, intitulée Mediamorphoses.
*Adèle Bellier est élève en seconde, elle a écrit cet article dans le cadre de son stage au sein d'En battement d'aile



