1 janv. 2026
3 lectures inspirantes pour bien commencer 2026
Par
Florence Gault
Pour ce début d’année, plongez dans des lectures qui donnent envie d’agir. Dans notre chronique littéraire de janvier, Vanessa Minarro, documentaliste à la Maison de l’Environnement de Lyon, partage trois ouvrages inspirants : un essai pour comprendre et repenser la fast fashion, un livre jeunesse qui invite à découvrir et protéger un petit coin de nature en ville, et une bande dessinée qui imagine un futur alternatif basé sur la sobriété et le collectif.
Romans et essais
« Mode jetable » – Philippe Gendreau (Écosociété)
Dans Mode jetable, Philippe Gendreau propose une analyse claire et documentée de l’industrie de la mode, en retraçant l’histoire du vêtement et les dérives de la fast fashion. L’essai met en lumière les impacts sociaux, économiques et environnementaux d’un secteur dont les conséquences restent largement invisibles pour les consommateurs.
D’où viennent nos vêtements ? Dans quelles conditions sont-ils fabriqués ? Avec quels produits et quelles techniques de vente ? Pourquoi les prix sont-ils si bas ? L’ouvrage répond à ces questions de manière accessible, à travers une mise en page dynamique, des encarts pédagogiques et des graphiques qui facilitent la compréhension.
« Nous sommes tous et toutes saturées d’informations sur une multitude de sujets […] dans le cas de la mode jetable, il existe une solution simple : consommer moins et rendre les entreprises imputables de leurs dégâts. Démodons-nous. Sans quoi nous serons toutes et tous bel et bien des victimes de la mode. »
Pourquoi ce livre nous donne envie d’agir :
Ce livre nous invite à ralentir et à adopter un mode de vie plus sobre. Il propose de prendre le temps de contempler le monde, de réfléchir à nos choix et à notre manière de vivre, pour se reconnecter à l’essentiel. Il encourage également à changer de perspective grâce à la fiction, au voyage et à la rencontre, en montrant qu’il est possible d’observer le monde sous un autre angle et d’agir en conséquence. Enfin, l’ouvrage valorise le caractère performatif de l’action : en imaginant et en incarnant des alternatives, il démontre que le monde peut déjà changer à notre échelle.

« Mode jetable » – Philippe Gendreau
Le livre jeunesse
« Le carré sauvage » – Anne-Hélène Dubray & Sarah Loulendo (L’Agrume)
Le carré sauvage raconte l’histoire d’un petit espace de nature en ville, menacé par un projet de construction. Daphné et Basile, qui vivent dans les immeubles alentour, décident de se mobiliser pour protéger ce jardin en friche et la maison en ruine qui l’abrite. Peu à peu, les habitants du quartier se rassemblent autour de cet espace, qui devient un lieu de vie, d’observation et de rencontres.
Au fil des saisons, la faune et la flore s’éveillent. Les illustrations, très détaillées, occupent toute la page et invitent à l’observation, à la manière d’un « cherche et trouve ». Le lecteur découvre la richesse du vivant, même en milieu urbain.
« Avec Basile, nous pensons saboter le chantier avec des boules puantes à base d’hellébore fétide. Nos parents, eux, veulent lancer une pétition pour la sauvegarde du terrain. Si seulement tous ses habitants, les écureuils, les vers de terre, le chêne et même les cailloux pouvaient la signer ! Si seulement… »
Pourquoi ce livre nous donne envie d’agir :
Ce livre invite à changer de regard sur la nature qui nous entoure et à reconnaître la valeur des petits espaces sauvages en ville. Il montre que l’on peut agir sans forcément intervenir : laisser faire le vivant, accepter le désordre, faire confiance aux équilibres naturels.
Le carré sauvage est un plaidoyer en faveur des friches urbaines, des jardins partagés et de tous ces lieux où la biodiversité peut s’exprimer. Il rappelle que la protection du vivant peut commencer à petite échelle — un coin de jardin, un pied d’immeuble, un balcon — et qu’elle repose aussi sur l’attention et l’observation.

« Le carré sauvage » – Anne-Hélène Dubray & Sarah Loulendo
La bande dessinée
« Et soudain le futur » – Mathieu Burniat & Dominique Mermoux (Rue de Sèvres)
Dans cette bande dessinée, les auteurs nous projettent dans un futur proche, à Paris, sur l’île de la Cité. Une communauté y expérimente un mode de vie autonome, en dehors des réseaux mondialisés et de la logique consumériste. Les habitants ont fait le choix d’une vie plus sobre, mais aussi plus collective et plus libre.
À travers cette fiction, Et soudain le futur explore le concept de décroissance de manière positive et accessible. Les auteurs s’appuient sur les travaux de scientifiques pour proposer une réflexion incarnée sur nos priorités, notre rapport au temps, à la technologie et au vivant.
« Face à un problème, par exemple quand une casserole de soupe déborde, le techno-solutionnisme voudrait que l’on mette des capteurs connectés pour analyser les dégâts en temps réel […] La décroissance préfère couper le gaz et laisser refroidir le tout, avant de se mettre à table en bonne compagnie quand la soupe est cuite. »
Pourquoi ce livre nous donne envie d’agir :
Parce qu’il montre que d’autres futurs sont possibles et désirables. Cette bande dessinée ne cherche pas à provoquer une urgence paralysante, mais au contraire à redonner de l’énergie et de la capacité d’action. Elle invite à sortir des schémas dominants pour imaginer collectivement une société fondée sur l’entraide, le partage et une utilisation plus raisonnée des ressources.
En proposant un contre-récit positif, Et soudain le futur encourage à tester, expérimenter et faire, même modestement, un pas vers un futur choisi plutôt que subi.

« Et soudain le futur » – Mathieu Burniat & Dominique Mermoux



